I. Qu’est ce qu’un pesticide ?

1. Les différents pesticides et leur composition

Les pesticides sont des biocides, ils « tuent » la vie. Ces produits sont généralement des produits chimiques. Il existe différents pesticides, les principaux sont les insecticides, les herbicides et les fongicides. Ces produits sont utilisés pour lutter contre les insectes ravageurs, les mauvaises herbes et les champignons. Chaque pesticide est constitué d’un ou plusieurs principes actifs, d’un ou plusieurs additifs qui peuvent être des vomitifs ou des répulsifs ainsi que d’adjuvants.

La molécule de glyphosate C3H7O5PN est la principale molécule utilisée comme principe actif des herbicides, dont le RoundUp qui a été récemment interdit de vente en France. Cette molécule est entourée des adjuvants, qui permettent à l’herbicide de pénétrer dans les tissus de la plante. Il existe de nombreux principes actifs pour l’insecticide, ils sont classés selon leur famille chimique ou par mode d’action. En nous focalisant sur leur famille chimique, nous comptons quatre grandes familles : les organochlorés, les carbamates, les organophosphorés et les pyréthrinoïdes de synthèse. La molécule la plus connue de la famille des organochlorés est le DDT (ou DichloroDiphénylTrichloroéthane). Le Poncho, par exemple, est un insecticide qui a pour principe actif le clothianidine de formule brute C6H8O2N5ClS.

clothianidine

Comme l’insecticide, il existe plusieurs molécules qui jouent un rôle fongicide. En effet, nous pouvons compter la molécule d’azoxystrobine C22H17N3O5, de fluazinam C13H4Cl2F6N4O4 ou encore de fosétyl-aluminium C6H18AlO9P3.

fluazinam

2. Mode d’action des pesticides

Chaque pesticide a un mode d’action différent. L’insecticide agit de façon indépendante de la plante, mais de façon spécifique sur l’insecte ciblé. Le mode d’action peut être par contact, par la digestion du produit par l’insecte ou par inhalation. L’insecticide agit sur le système nerveux, ce qui provoque la mort immédiate de l’insecte. Il empêche la mue ou asphyxie et interfère dans le métabolisme. Il agit donc comme un poison.

Le fongicide limite le développement des champignons pathogènes qui sont des parasites, pouvant provoquer des maladies aux plantes. On en compte deux grands types : les préventifs et les curatifs. Les préventifs protègent la plante pour empêcher aux champignons de germer. Lorsque la maladie est déjà présente, le produit est inefficace. Les seconds agissent directement sur la maladie qui est déjà installée. Le produit peut être distribué dans toute la plante grâce à son système vasculaire. Il peut aussi pénétrer les tissus de la plante sans y être redistribué. Les organismes pathogènes sont alors affectés soit en bloquant la respiration des mitochondries, soit en inhibant la synthèse des stérols qui sont vitaux pour le fonctionnement des cellules ou encore en perturbant la division cellulaire. Ces différents modes d’action ne laissent aucune chance aux champignons porteurs de maladies de se développer.

Le principe actif de l’herbicide entouré d’adjuvants, se répand dans la sève des plantes pour atteindre les méristèmes. Ces derniers sont des tissus cellulaires qui sont spécialisés dans la croissance. Une fois dans les méristèmes, l’herbicide glisse dans les cellules pour arrêter leur fonctionnement, elles ne peuvent donc plus produire de nouvelles herbes. L’herbicide total est à pulvériser avant la semence. La seconde famille des herbicides, les sélectifs, pénètrent dans toutes plantes mais certaines arrivent à se défendre grâce à l’enzyme cytochrome P450. Il s’agit d’une protéine présente dans toutes les plantes, elle est transcrite puis traduite lorsque la plante subit un stress. L’herbicide sélectif est considéré comme un stress par le blé par exemple qui peut alors l’éliminer, alors que les mauvaises herbes en sont incapables.